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Tahiti Seaplanes : une nouvelle compagnie en hydravion prête à décoller en Polynésie

En ce moment, le lancement de nouvelles compagnies aériennes en Polynésie est à la mode, et Tahiti Seaplanes est loin d’être la moins originale et la moins avancée dans son projet.

Présentation de cette nouvelle compagnie qui n’attend plus qu’une autorisation d’utilisation des hydrosurfaces pour que son premier hydravion prenne son envol.

Merci à Arthur Cottrel, pilote et un des initiateurs du projet pour la présentation du projet et la discussion que nous avons eu à ce sujet, dont vous trouverez des extraits dans cet article.

Résumé du projet

L’activité doit débuter avec un hydravion léger CESSNA 206 Amphibie de 6 places (1 pilote et 5 passagers) et les services développés seront nouveaux et basés exclusivement sur les spécificités opérationnelles de l’hydravion.

Les activités principales seront initialement :
– la réalisation d’excursions touristiques, vols panoramiques,
– le transfert de passagers vers leurs lieux de villégiature,
– et les formations à l’hydravion.

La compagnie sera basée à l’aéroport de Tahiti Faa’a et opérera initialement sur l’archipel de la Société, avant d’envisager un développement vers les autres archipels.

Tahiti Seaplanes promet une expérience unique, spectaculaire, loin des sentiers battus du tourisme polynésien et à tarif abordable, pour une clientèle moyen – haut de gamme, « passionnés extrêmes » et « explorateurs ».
Le financement se fera sans aucune aide publique, et l’exploitation de ce type d’avion ne nécessite aucune infrastructure coûteuse.

Le seul obstacle au lancement de l’activité dès 2018 est l’agrément des hydrosurfaces par les autorités, qui tarde à venir…

Instigateurs du projet

Arthur Cottrel est pilote de ligne Air France (+ de 3600 heures de vol) et possède la qualification hydravion. Ingénieur de formation, il fut également auditeur financier (Mazars). Il sera président, et responsable Sécurité et Qualité de Tahiti Seaplanes

Pascal Gabriel est titulaire du Brevet Supérieur Technique Electromécanicien d’Aéronautique. Mécanicien de bord (Aéronavale, + de 2.200 heures de vol), et ancien Technicien de Maintenance Aéronautique. Il sera Directeur Général et Responsable Entretien de Tahiti Seaplanes.

Flotte

La flotte initiale de Tahiti Seaplanes sera constituée d’un unique hydravion Cessna 206 amphibie. Cet appareil, d’une capacité de 5 places + le pilote, est très léger et ne nécessite la construction d’aucune infrastructure spécifique. L’appareil en question est déjà acquis (et actuellement loué au Canada) et pourrait être convoyé en Polynésie très rapidement une fois l’ensemble des autorisations obtenues.

Le Cessna 206 est le moins petit avion monomoteur à pistons construit par Cessna, et est utilisé dans le monde entier pour le transport de biens et de personnes. Il est notamment utilisé par les principales compagnies d’hydravions proposant des tours scéniques, ou par des compagnies humanitaires dans les régions éloignées d’Afrique ou d’Asie.

Dans un second temps, l’acquisition d’autres avions du même modèle doit permettre d’étendre l’activité de la compagnie.

Activités

  1. Vols panoramiques et excursions touristiques : simple vol scénique ou bien couplé à une activité touristique en permettant l’accès à des prestataires isolés
  2. Transports de passagers : transferts, vols à la demande, avec comme produit phare le transfert de Tahiti (aéroport ou hôtel) directement à son hôtel à Moorea pour un tarif accessible, estimé à 19 000 francs pour l’avion (2 à 3 passagers + bagages) en offrant une expérience privative et exclusive.
  3. Initiation et formation aux vols sur hydravion : cette activité s’adresse à l’ensemble des pilotes déjà brevetés mais ne connaissant pas l’hydravion, résidents de Tahiti ou de passage, ainsi qu’aux non-pilotes résidents curieux de sensations nouvelles.

“Calqué sur un modèle existant qui a su démontrer sa parfaite adaptation au tourisme insulaire, notamment en Nouvelle Calédonie, aux Îles Fidji, aux Îles Maldives, en Australie,… ce projet répond à la « stratégie de développement touristique de la Polynésie Française 2015-2020 » et contribuera à l’enrichissement touristique du Pays et offrira de nouveaux débouchés touristiques vers des zones peu accessibles jusqu’ici.”

Dès le début son activité, Tahiti Seaplanes souhaite notamment développer les transports aériens de et vers la Presqu’île. Secondairement, les Tuamotu seront naturellement un terrain de développement privilégié.

Tahiti Seaplanes se veut un support à l’industrie touristique polynésienne et un acteur complémentaire de ceux déjà existants, et non un concurrent : « Nous offrons la possibilité, contre strictement aucun argent public, de doter la Polynésie d’un outil de rupture, tant pour le tourisme que pour l’organisation des transports. Nous offrons le désenclavement, l’intermodalité, et des lignes transversales. Nous permettons de remplir des objectifs de gouvernement en matière de tourisme, de transports, et de coûts. Nous ne remplaçons personne, nous sommes une solution supplémentaire; au contraire, nous voulons être des apporteurs d’activité pour les prestataires actuels.”

Pour Arthur Cottrel, le développement de l’hydravion en Polynésie sera également un outil d’aménagement du territoire et d’accès au transport pour le plus grand nombre et les plus isolés. A terme, 2 à 4 bases pourraient être créées dans les Tuamotu afin de développer des lignes transversales entre les atolls des Tuamotu en relais des ATR Air Tahiti desservant les plus importants d’entre eux.

“Les polynésiens sont malheureusement habitués aux projets trop beaux pour être vrais. Nous commençons petit et prudemment. Mais il ne faut pas se leurrer sur le bénéfice colossal que peut retirer les polynésiens, en permettant dans quelques années à beaucoup de ne plus avoir à choisir entre leur travail et la terre de leur famille. Très rapidement, nous serons en mesure de desservir l’intérieur des Tuamotu avec des fréquences rapprochées. Aujourd’hui, lorsque vous avez un décès dans la famille à la ville, vous n’êtes pas certain de pouvoir rejoindre Tahiti avant la cérémonie. Aujourd’hui, il n’y a aucun espoir de développer une activité touristique dans un atoll où l’ATR passe une fois par semaine. Aujourd’hui, vous voulez rentrer chez vous à Rapa mais vous êtes bloqués à Tahiti. Aujourd’hui, pour une rage de dent à Maiao, la CPS doit payer le Dauphin avec l’argent public. Demain, ça, c’est fini.”

L’hydravion est également un outil adapté pour les missions de reconnaissance (Search and Rescue), ou d’Evasan pour des lieux isolés.

Retombées économiques

Dès le début de l’activité, il est prévu l’embauche de 3 salariés dont un pilote d’hydravion, et les instigateurs du projet estiment que 2 emplois indirects seront également générés.

Pour chaque hydravion, création de 5 emplois et 150M F.CFP de retombées économiques, dont 25M de rentrées fiscales directes.

Tahiti Seaplanes prévoit de former ses propres pilotes pour son expansion future dans le vivier des pilotes polynésiens grâce à son activité de formation.

Hydrosurfaces

Une hydrosurface est la partie d’un plan d’eau servant à décoller et amerrir en hydravion. C’est l’équivalent de la piste en dur d’un aéroport, à ceci près qu’elle n’est ni réservée, ni balisée.

La réglementation française, transposée quasiment à l’identique en Polynésie Française, est très limitative sur la liberté de poser un hydravion sur un plan d’eau. Chaque hydrosurface doit être agréée.

A l’heure actuelle, une seule hydrosurface est agréée dans les Îles du Vent, au niveau de la pointe sud de Moorea. Plusieurs autres font l’objet de demande d’agrément sur Tahiti et Moorea.

Hydrosurfaces Moorea et Faa’a
Hydrosurfaces de la Presqu’île

Or, les Plans de Gestion de l’Espace Maritime et la peur de la coexistence hydravions-bateaux ont déjà poussé les autorités à refuser d’agréer des hydrosurfaces à Bora-Bora notamment. La menace est donc que les hydrosurfaces les plus stratégiques ne soient pas accordées.

Arthur Cottrel le certifie, l’existence des hydrosurfaces ne perturbera en rien les usagers habituels du lagon : “Le principe de fonctionnement de l’hydravion, est que d’une part les hydrosurfaces ne sont ni réservées, ni balisées, et que d’autre part nous cédons toujours la priorité aux autres utilisateurs du lagon. La seule matérialisation de l’hydrosurface est sa mention sur la carte marine. Donc, si un vaa’a, ou un pêcheur, occupe l’hydrosurface alors que nous approchons, nous patientons, voire nous déroutons vers l’aéroport.” Cela signifie en pratique qu’un hydravion n’amerrit pas ou ne décolle pas s’il y a une possibilité que sa trajectoire rentre en conflit avec celle d’une autre embarcation. La vue d’ensemble qu’a le pilote depuis les airs lui permet d’évaluer le trafic sur l’eau et il s’attend à ce que les autres embarcations ne soient pas conscientes de sa présence.

“Les pêcheurs n’ont absolument rien à modifier à leurs habitudes. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que nous ne serons tout simplement pas capables de produire plus de quelques vols chaque jour, donc on n’utilisera pas les hydrosurfaces plus de 3 minutes par jour. Personne n’a à s’inquiéter de voir un ballet aérien sur les lagons.”

Il n’existe aucune monopolisation du lagon : pas de bouée dans l’eau, c’est le pilote qui adapte sa trajectoire aux bateaux, nageurs,…

Sécurité

Arthur Cottrel : “En tant que compagnie aérienne, Tahiti Seaplanes sait que la sécurité des vols n’est pas une option et prime sur toute autre considération.”

Lors de la décision de décoller ou d’amerrir sur un plan d’eau, le pilote évalue si les conditions de sécurité sont réunies. Pour cela, les pilotes utilisent une procédure spéciale, qui consiste à effectuer un ou plusieurs passages de reconnaissance au dessus de la zone d’amerrissage envisagée. Cette procédure sert à s’assurer qu’il n’y a pas d’obstacle ou d’objet flottant sur la surface, et vise également à avertir les autres usagers de l’amerrissage et de son axe.

Une information et une coordination avec les autres usagers sera mise en œuvre.

Les mouvements d’hydravions sont peu fréquents et le temps passé sur l’eau est statistiquement insignifiant comparé à celui des bateaux à moteur. La distance de décollage d’un hydravion comme le Cessna 206 est d’environ 600m et la distance d’amerrissage est d’environ 300m.

Les statistiques sur les hydravions montre un risque extrêmement faible de collision hydravion – bateau : 1 toutes les 3 millions d’heures de vol, soit 1 tous les 5 ans aux USA.

Développement durable

L’hydravion, qui permet d’éviter la construction d’infrastructures et qui ne produit pas de rejets dans l’eau, est un moyen de transport et de développement touristique qui respecte l’environnement.

“L’hydravion est un outil « durable »: non seulement il ne pollue absolument pas les lagons (au contraire de tous les bateaux), mais en plus il évite de construire des aéroports et de raser des cocoteraies, détruire des récifs, couler du béton dans le lagon, et même exproprier les habitants,…”

L’hélice d’un hydravion est entièrement en dehors de l’eau, et de ce fait ne perturbe pas la vie aquatique et ne contribue pas à la pollution sonore sous-marine. Le bruit en surface (comparable au bruit d’un jet ski ) représente donc la seule influence sur l’environnement. Son impact est toutefois très limité puisqu’il se limite aux seules phases de décollage (une séquence de décollage se mesure en secondes, de l’ordre de 30 à 45 secondes).

Conclusion

Tahiti Seaplanes est à l’heure actuelle un des projets les plus avancés et les plus innovants de nouvelle compagnie sur le territoire. Le seul obstacle au lancement de l’activité est donc l’absence d’agrément des hydrosurfaces.

Arthur Cottrel espère une approbation rapide de son dossier par les pouvoirs publics pour lancer l’activité commerciale de Tahiti Seaplanes en 2018 : « La particularité de notre projet est que nous ne demandons aucune subvention, seulement un « oui ». Avec ça, pour chaque hydravion, nous créons 5 emplois et 150M de retombées annuelles, dont 25 fiscales directes. Mais nous avons besoin qu’on nous laisse travailler. La balle est dans le camp des pouvoirs publics et des élus concernés. Si le Pays veut l’hydravion, alors il faut qu’il fasse en sorte qu’on puisse travailler et offrir ce service à la Polynésie. Ce n’est pas un projet partisan. Mais actuellement, les administrations sont frileuses. Par exemple, le SEAC (l’aviation civile d’état) nous affirme des choses et leur contraire et n’assume pas puisqu’il refuse de nous les écrire. Il semble préférer ne pas avoir d’avions dans le ciel… je peux comprendre que ce soit plus facile! Ce serait plus simple s’il se dotait de personnes qualifiées à l’hydravion, ce qui n’est pas le cas. C’est extrêmement fâcheux alors que ça fait déjà 4 ans que Tahiti Air Charter travaille son projet. Ils sont au courant du nôtre depuis 2 ans. »

One comment
  1. Pascal PROP

    Bonjour
    Je viens de decouvrir avec un grand interet votre projet .
    Courtier specialiste en assurance aeronautique ,j aimerai prendre contact acec vous .
    Je serais sur papete dans 3 mois
    Je vous laisse ci dessous mes coordonnees

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